Par Gabriel Gaspard
Publié le 29 janvier 2026, 07:40
L‘euro atteint 1,2042 dollar, son plus haut depuis juin 2021. Pour rattraper les États-Unis et la Chine, l’Europe doit coordonner stratégie industrielle, financière et commerciale, tout en acceptant une dépréciation de l’euro.
Décrochage économique de l’Europe. La productivité en Europe est en recul. Les gains de productivité qui soutenaient la croissance se tarissent. Ce phénomène n’est pas conjoncturel : il reflète des faiblesses structurelles accumulées depuis des années.
Le premier facteur est le sous-investissement public et privé. Les infrastructures, la transition énergétique et la modernisation industrielle n’ont pas reçu les financements nécessaires. Les projets à fort rendement social peinent à être lancés à grande échelle.
L’Europe souffre d’un déficit d’innovation et d’un manque d’investissement en R&D comparé à d’autres régions. Le système éducatif et la formation continue ne compensent pas suffisamment les besoins des nouvelles technologies. Résultat : pénurie de compétences et faible diffusion des gains technologiques.
La fragmentation réglementaire entre États membres freine les économies d’échelle. Les marchés restent trop cloisonnés pour permettre une allocation optimale du capital et des talents. Les règles administratives et la complexité des procédures ralentissent la mise en œuvre des projets.
L’épargne existe, mais elle n’est pas toujours canalisée vers l’investissement productif. Les marchés financiers européens manquent parfois d’instruments longs et sûrs pour financer des projets d’envergure. La capacité d’emprunt publique est limitée par des contraintes politiques et par la crainte d’une hausse des primes de risque.
La combinaison de ces facteurs réduit la croissance potentielle. Moins de productivité signifie moins de revenus futurs, moins d’emplois qualifiés et une capacité fiscale réduite pour financer la transition. Le cercle devient auto-entretenu si rien n’est fait.
Face à ce diagnostic, cette tribune propose une réponse coordonnée : favoriser un choc de change favorable (1 euro = 1 dollar) et mobiliser l’épargne domestique pour financer des investissements productifs.









