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Semaine 12 de la presse économique française

Par Gabriel Gaspard

Publié le 23 mars 2026, 08:00

Des informations choisies chaque dimanche

Jeunes PDG, nouveau cap : la mutation des directions générales

Les conseils d’administration accélèrent la rotation des directions générales en privilégiant des profils plus jeunes, souvent issus du numérique, de l’entrepreneuriat ou des fonctions produit ; ces nominations cherchent à injecter agilité, maîtrise des technologies et culture d’expérimentation pour piloter transformations et croissance rapide. Les nouveaux dirigeants imposent des modes de travail plus horizontaux, des KPIs centrés sur l’usage et la rétention, et des parcours internationaux, tandis que les packages de rémunération se réorientent vers la performance, redéfinissant les critères de légitimité au sommet des entreprises.

Une transition énergétique renouvelée par l’action citoyenne

L’éditorial plaide pour une refondation de la transition énergétique qui ne se contente plus des promesses institutionnelles mais s’appuie sur l’initiative populaire : coopératives locales, rénovations collectives, projets de production décentralisée et mobilisations territoriales y sont décrits comme les signes d’un mouvement capable de redonner sens et efficacité aux politiques climatiques. L’auteur critique la fragmentation des dispositifs nationaux et internationaux et souligne la force des récits partagés qui transforment des pratiques quotidiennes en leviers politiques ; il met en lumière des expériences concrètes où l’engagement citoyen a permis d’expérimenter des modèles alternatifs, d’inventer des formes de gouvernance locale et de créer des solidarités nouvelles entre acteurs publics, privés et associatifs. Le ton est à la fois exigeant et optimiste : il invite à reconnaître la capacité d’initiative des territoires et à reconsidérer la place des citoyens non comme bénéficiaires passifs mais comme acteurs centraux d’une transition réellement renouvelée.

Made in France : un verdict européen sans concession sur le rapport qualité‑prix

Un sondage mené par Rexecode et Skema Business School auprès de 480 acheteurs européens dresse un constat sévère sur l’attractivité des produits français : la France se classe 6e parmi les dix grandes nations exportatrices évaluées et voit son rapport qualité‑prix qualifié de « médiocre » par de nombreux importateurs, un recul marqué par rapport aux positions occupées en 2020‑2022 où elle figurait encore parmi les mieux placées ; l’étude met en lumière des faiblesses structurelles dans la perception des offres tricolores — prix, positionnement et compétitivité face à des concurrents comme l’Allemagne, l’Italie, la Chine ou le Royaume‑Uni — et souligne l’urgence pour les acteurs publics et privés de repenser les stratégies d’exportation, la différenciation produit et la chaîne de valeur afin de regagner des parts de marché en Europe ; ce diagnostic, publié dans Les Echos, interroge la capacité des filières françaises à conjuguer qualité, coût et innovation pour convaincre des acheteurs professionnels dont les critères d’achat se durcissent dans un contexte de concurrence internationale accrue.

Dépenses publiques et consommation : la socialisation qui soutient l’activité

La France vit dans des économies mixtes où la dépense publique soutient massivement la demande: selon l’analyse, près de la moitié (48 %) de la consommation serait aujourd’hui socialisée, directement par les services publics et indirectement par les prestations sociales, ce qui rend l’obsession du seul niveau de dépense publique trompeuse ; l’auteur souligne que cet agrégat est biaisé par des doubles comptes et des regroupements hétérogènes et propose de mesurer l’intervention publique via des indicateurs tirés des approches production, revenu et demande, rappelant que la part de la valeur ajoutée des administrations est stable depuis quarante ans tandis que la socialisation indirecte a progressé, et que la croissance récente n’aurait pas tenu sans la contribution des dépenses publiques et des prestations en espèces qui ont soutenu le pouvoir d’achat des ménages.

PME‑TPE en première ligne : la guerre au Moyen‑Orient étouffe l’activité française

Dans un climat d’incertitude croissante, les petites et moyennes entreprises (PME‑TPE) françaises voient leurs marges se réduire et leurs cycles d’approvisionnement se tendre sous l’effet combiné de la hausse des prix de l’énergie, de ruptures dans les flux commerciaux et d’une baisse de confiance des donneurs d’ordre ; confrontés à des surcoûts de transport, à l’envolée du gazole et à des délais d’approvisionnement pour des intrants stratégiques, nombre d’entrepreneurs évoquent des reports d’investissement, des difficultés à honorer des contrats et des tensions de trésorerie qui rapprochent certains d’un état d’asphyxie, surtout dans les secteurs exposés aux matières premières et à la logistique internationale. Les témoignages recueillis auprès de dirigeants régionaux décrivent des scénarios où la fragilité financière se conjugue à une moindre visibilité commerciale, obligeant à renégocier des conditions, à retarder des embauches et à solliciter des lignes de crédit ; face à ces chocs, les acteurs économiques appellent à des mesures ciblées pour soutenir le fonds de roulement et sécuriser les chaînes d’approvisionnement, tandis que les analyses macroéconomiques anticipent un ralentissement du commerce mondial susceptible d’amplifier ces tensions si le conflit perdure.

« Le CIR sous le feu du Nobel : des milliards qui n’alimentent pas la recherche »

Dans une charge prononcée lors du « Printemps de l’Économie », Philippe Aghion a dénoncé un Crédit d’Impôt Recherche (CIR) devenu selon lui un instrument coûteux et mal ciblé, estimé à 7,7 milliards d’euros en 2025, largement capté par de grands groupes qui l’utilisent pour alléger leur fiscalité plutôt que pour soutenir des projets de recherche fondamentale; l’économiste, lauréat du Nobel 2025, a fustigé la logique de défense corporative qui brandit la menace de la délocalisation pour préserver ces avantages et a appelé à une réévaluation du dispositif au regard des besoins réels de financement public de la science, tout en critiquant parallèlement des propositions fiscales qu’il juge dangereuses pour l’innovation européenne.

Énergie : les erreurs qui coûtent cher selon l’Europe

En reconnaissant tardivement que l’abandon partiel du nucléaire a affaibli son autonomie, l’Union européenne se retrouve confrontée à une dépendance énergétique accrue et à une vulnérabilité aux chocs géopolitiques ; l’article retrace comment, depuis les années 1990, la part du nucléaire dans la production électrique a chuté tandis que les importations ont grimpé, exposant l’industrie et les ménages à la volatilité des prix du gaz et du pétrole, et souligne que des choix nationaux divergents — fermeture de centrales, maintien du charbon, ou renoncement aux investissements nucléaires — ont produit des trajectoires coûteuses en émissions et en dépenses, illustrées par des calculs sur les tonnes de CO₂ évitables et les milliards de dollars de coûts sanitaires et économiques imputables à ces orientations ; le texte appelle à tirer les leçons de ces errements pour mieux associer décarbonation et sécurité d’approvisionnement.

Tokenisation : l’État et les régulateurs lancent une task force pour encadrer la finance numérique

Les autorités françaises ont constitué un groupe stratégique réunissant l’AMF, la Banque de France et la Direction du Trésor pour structurer le développement de la tokenisation d’actifs et anticiper ses enjeux réglementaires, opérationnels et macroéconomiques ; l’initiative vise à harmoniser les approches sur les actifs numériques, à définir des standards de sécurité et de transparence, et à évaluer les impacts sur les infrastructures de marché tout en favorisant l’innovation financière sur le territoire ; acteurs publics et privés seront invités à confronter retours d’expérience et scénarios d’usage — titres financiers, fonds, actifs réels — afin d’identifier les risques systémiques, les besoins de supervision et les leviers pour une adoption contrôlée ; l’objectif affiché est de positionner la France comme un cadre attractif et sûr pour la tokenisation, sans sacrifier la stabilité financière ni la protection des investisseurs.

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