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Inflation croissance… Ces indicateurs macroéconomiques à surveiller en 2024.

Par Gabriel Gaspard

Publié le 18 octobre 2023 à 00:00

Inflation, chômage, récession, croissance-dette-déficit, charge de la dette, logements-immobilier, rendements des titres-obligations-actions. Des tendances macroéconomiques susceptibles de façonner la politique monétaire et les performances des investissements en 2024.

L’inflation ne va pas baisser comme le prévoit la BCE. À -0,3% en décembre 2020, le taux d’inflation en zone euro a bondi en septembre 2021 à 3,4% sur un an, au plus haut depuis 13 ans. En octobre 2021, ce taux passe à 4,1% puis en novembre 2021 à 4,9% pour atteindre en octobre 2022 10,6%. La BCE a attendu juillet 2022 pour effectuer sa première hausse des taux directeurs de 50 points de base pour lutter contre cette inflation. Elle a maintenu ses taux d’intérêt à zéro et même négatifs pour le taux au jour le jour. Ce retard créa un véritable engrenage inflationniste. Au 14 septembre 2023, le taux directeur est à4,75% pour le prêt marginal au jour le jour, avec une inflation (IPCH) en France de 5,8% encore loin des objectifs visés de 2%.

La BCE ne pourra pas lutter seule contre l’inflation en France. Les raisons sont l’inflation alimentaire causée par les industriels et la hausse des prix de l’énergie. La politique budgétaire peut contribuer à juguler l’inflation. Pour le gouvernement français, le budget 2024 n’annonce pas un retour au sérieux budgétaire. De plus, la BCE n’a aucune action possible pouvant influencer les comportements des Français en termes d’épargnes et de dépenses. Il faut attendre peut-être 2025 pour avoir une inflation (IPCH) à 1,8% après une inflation de 2,6% prévue en 2024.

Le taux de chômage va augmenter. Fin 2022, le taux du chômage était à la baisse (inférieur de 0,3 point à son niveau un an auparavant) grâce aux contrats d’apprentissage. L’OFCE le justifie très bien. Les contrats très subventionnés par l’État comme les contrats d’apprentissage expliquent les deux tiers de cette diminution. En 2024, la courbe du chômage va au contraire s’inverser : emploi en repli, intérim en recul, pertes d’emplois dans le bâtiment, stabilisation des contrats d’apprentissage, etc. Dans ces projections macroéconomiques dévoilées lundi 18 septembre, la Banque de France confirme cette tendance : le taux du chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) passerait à 7,5% en 2024 et 7,8% en 2025.

Le risque d’une récession se matérialise. La situation géopolitique restera tendue en 2024. La croissance économique mondiale devrait ralentir. D’après l’OCDE cette croissance devrait chuter à 2,7% soit -0,2 point à cause notamment des effets de la politique monétaire restrictive adoptée par de nombreuses Banques centrales. Elle ajoute « la confiance des entreprises et des consommateurs est orientée à la baisse« . L’Allemagne, locomotive de l’Europe, reste au point mort. Un risque de récession lente et durable ne peut pas être écarté. Le dernier indice « flash composite » publié par S&P Global, mesurant l’activité du secteur privé, parle d’une « plus forte baisse des nouvelles affaires depuis près de trois ans en septembre » 2023 pour la zone euro. Il y a une inquiétude autour de l’impact de la hausse des taux d’intérêt sur la demande et une alerte sur l’euro qui commence à faiblir par rapport au dollar américain.

Croissance-dette-déficit. Avant le vote du budget 2024, le Haut conseil des finances publiques a remis son avis relatif au projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2023 à 2027 révisé. En 2024, la prévision de croissance (+1,4 %) est loin des projections macroéconomiques de la Banque de France à 0,9%. Pour les entreprises, le gouvernement table sur « un niveau élevé d’investissement ». Le taux de rendement à 10 ans est au plus haut, il va contraindre les entreprises à revoir leurs projets d’investissements.

À quelques exceptions, la dette publique a inexorablement progressé en France depuis le milieu des années 1970. Elle passe de 97,0% du PIB en 2017, à 109,5% pour 2023. Prévue stable à 109,4% en 2024, cette dette pourrait glisser et dépasser les prévisions à 110,2% en 2025. Un endettement excessif risque d’entraîner une crise très dure pour les années à venir.

Les prévisions de déficit élevé pour la France et d’autres pays européens peuvent créer une perturbation sur le marché obligataire. Les investisseurs sont nerveux, ils craignent que les taux européens atteignent les niveaux de 2011, année de la crise des dettes de la zone euro. Le déficit public français est en croissance depuis 60 ans. Pendant la crise de la Covid il s’est accru pour financer le « quoi qu’il en coûte ». Les gouvernements n’arrivent plus à le réduire. Engagée dans sa bataille contre l’inflation et un euro faible, il n’est pas certain que la BCE puisse soutenir suffisamment la dette publique de la France en 2024.

Quant à la charge de la dette, l’État et les administrations publiques en général s’apprêtent à verser 57 milliards d’intérêts en 2024. Ce montant atteindrait 84 milliards en 2027. Que l’État soit contraint de payer aux banques privés des intérêts dépassant les budgets de l’éducation ou de la santé choque les Français. Ne faut-il pas suive l’exemple de la Belgique et lever des fonds via des obligations destinées aux épargnants français et réduire le programme de financement sur les marchés ?

La charge de la dette européenne et française pèsera plus sur le budget français.

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