Par Gabriel Gaspard
Publié le 15 juillet 2026, 08:20
Les signaux de la Cour des comptes sont tous alarmants. Le débat sur l’endettement de la France enflamme la présidentielle. La dette devient-elle hors de contrôle ? Faut-il des solutions douloureuses ou une vraie alternative à nos finances publiques ?
Pour la presse économique c’est le début de l’appauvrissement français, le piège de la dette se referme sur la France, la France décroche par rapport à ses voisins, la dette de la France s’envole au-delà de 3 500 Md€. La thématique de la réduction de la dette publique a pris dans le débat public français une ampleur considérable. Il n’est plus interdit de penser qu’il s’agira de l’un des grands thèmes de la campagne pour l’élection présidentielle de 2027.
Rien n’a changé en 53 ans
Depuis 1973, plusieurs Présidents et Premiers ministres français ont publiquement alerté sur le poids de la dette et appelé à réduire les déficits et les dépenses : Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron ; parmi les Premiers ministres, François Fillon, François Bayrou etc. :
- Valéry Giscard d’Estaing, 12 septembre 1974 : « nous sommes entrés dans un monde aux ressources plus rares, ou il faut réapprendre à compter. La rentabilité de nos dépenses, le meilleur emploi de nos ressources, le choix raisonné de nos investissements, constituent les conditions de la poursuite de notre progrès ».
- Jacques Chirac, 5 octobre 1995 :« les déficits, l’endettement public constituent un fardeau insupportable pour notre société, pour notre économie, et surtout pour les plus faibles ».
- François Fillon en 2007 : « Je suis à la tête d’un État en situation de faillite«
- François Hollande, 31 décembre 2012 : « je veux désendetter la France« .
- Emmanuel Macron, 2 février 2027 réaffirme son objectif de rester « dans l’épure des 3% de déficit « .
- François Bayrou, 25 août 2025 : « au bord du surendettement » il faut « sortir du piège mortel du déficit et de la dette« .
En 1973 est votée la loi « Pompidou-Giscard ». Elle précise que le Trésor ne peut s’endetter que de manière limitée auprès de la Banque de France : « on a eu une loi stupéfiante […]. On a obligé l’État à aller se financer sur le marché financier privé à 4% ou 5%, et… » Michel Rocard (Premier ministre de 1993 à 1994)
L’endettement massif de la France trouve ses racines dès 1974, avec l’arrivée au pouvoir de Valéry Giscard d’Estaing et son soutien à Helmut Schmidt pour promouvoir une politique de l’offre dans le cadre de l’intégration politique et monétaire européenne. L’ancien chancelier allemand résumait cette politique : « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain« . La dette de la France depuis 1975 est passée de ~35 Md€ (15% du PIB) à 3 460 Md€ en 2025 (115,6% du PIB). Cette multiplication par ~670 reflète 50 ans de déficits ininterrompus.







