Par Gabriel Gaspard
Publié le 21 mai 2026, 9:50
Réinventer la finance européenne dans un monde post-libre-échange : il faut rompre avec les recettes d’hier, repenser la gouvernance et mobiliser des mécanismes collectifs pour financer la transition et la compétitivité sans creuser les dettes nationales ni européennes.
Financer l’avenir européen : qui paiera ?
Les dirigeants européens cherchent 2 000 milliards d’euros pour le budget 2028-2034. L’Allemagne refuse un nouvel emprunt commun. L’UE doit donc réduire ses ambitions ou trouver d’autres recettes. La Commission propose de fusionner les grands programmes en un « fonds européen » plus stratégique. Bruxelles mise sur des ressources propres : taxe carbone aux frontières, impôt sur les géants du numérique, hausse des droits sur le tabac. L’accord doit être scellé d’ici décembre 2026 pour garantir l’entrée en vigueur en 2028. L’Europe a des propositions mais fait face à un blocage politique et à un défi de ressources. Elle peut trouver des recettes, mais l’accord reste incertain.
D’où vient l’argent ?
L’argent de l’Union provient principalement des contributions nationales calculées sur le RNB (GNI) de chaque État. Il y a aussi une part liée à la TVA harmonisée et aux droits de douane sur les importations. L’UE développe des ressources propres : taxe carbone aux frontières (CBAM), prélèvements ciblés et propositions sur les géants du numérique. Ces recettes visent à réduire la dépendance aux contributions directes des États. La Commission peut par ailleurs emprunter pour des plans exceptionnels, comme NextGenerationEU.
Où l’Europe dépense l’argent ?
Le budget annuel de l’Union européenne pour 2026 s’élève à environ 192,8 milliards d’euros en crédits d’engagement. L’argent est dépensé selon le cadre pluriannuel. Le pilier majeur reste la politique agricole commune (CAP), qui représente environ un tiers du budget. La cohésion régionale est le deuxième poste majeur destiné à réduire les écarts entre régions et soutenir les investissements locaux. Viennent ensuite la transition écologique, la recherche et l’innovation, la compétitivité, la sécurité et les actions extérieures.
Des solutions orthodoxes existent mais il faut des pensées nouvelles et éviter les risques
Les contraintes à éviter sont nombreuses comme alourdir les budgets nationaux, imposer fortement les petites et moyennes entreprises ou les citoyens à faibles revenus. Face à la contestation de souveraineté des États membres, au contournement par restructurations, aux complexités administratives, aux longues périodes de négociation et à l’adaptation aux niveaux nationaux des pistes sont possibles pour augmenter le budget de l’Europe.
Revoir les taux d’impositions de certaines entreprises, les taux sur la distribution des dividendes et sur les rachats des actions.









