Par Gabriel Gaspard
Publié le 02 juin 2026, 11:30
Le sujet économique qui suscite le plus de discussions aujourd’hui en France est la conjoncture nationale marquée par le ralentissement économique en particulier : croissance fragile et inflation, ménages inquiets, incertitudes sociales, normes en hausse, défi démographique et vacance du pouvoir. Cette tribune identifie et propose 23 approches pour y répondre.
La croissance française reste fragile. L’activité progresse à peine. Les ménages épargnent davantage. Les entreprises hésitent. Le chômage remonte. L’inflation repart avec la flambée de l’énergie. Les salaires suivent peu. La demande intérieure s’essouffle.
En effet, d’après l’Insee, le PIB marque le pas au 1er trimestre 2026 : 0% après +0,2%. La production progresse de +0,1%. La consommation des ménages recule de -0,1% et l’investissement (FBCF) baisse de -0,4%. Les exportations chutent de -3,8% et les importations de -1,7%. Le commerce extérieur pèse -0,7 point ; les stocks contribuent à +0,8 point.
Après les Trente Glorieuses, la croissance était forte. Elle était tirée par l’investissement et la consommation. La France, comme la majorité des pays industriels, a confirmé les politiques de l’offre après le premier choc pétrolier de 1973. Ces politiques furent vues comme la seule solution pour sortir d’une croissance faible, d’un chômage élevé et croissant, d’une inflation élevée et de déficits budgétaires importants. L’objectif était de passer à des conditions de croissance non inflationniste, plus forte et soutenue. La réorientation des politiques fut guidée par la financiarisation de l’économie et les contraintes européennes. Elle reposait sur la reconnaissance que, au-delà de la courte période, les performances macroéconomiques étaient fortement influencées par le côté de l’offre de l’économie. Aujourd’hui, compte tenu des conjonctures géopolitiques et de la mainmise de la finance internationale sur l’économie occidentale, la France et l’Europe doivent sortir des dogmes et choisir une voie économique d’équilibre :
- favoriser la productivité. Canaliser l’épargne nationale vers les infrastructures et les projets durables. Croissance accrue sans recours à l’endettement extérieur. Résultat : emplois qualifiés, croissance plus élevée et inflation contenue. L’offre suit enfin la demande ;
- réinventer la finance européenne. Rompre avec les recettes d’hier. Repenser la gouvernance. Mobiliser des mécanismes collectifs pour financer la transition et la compétitivité. Sans creuser les dettes nationales ni européennes ;
- prélever un peu sur les ultrariches. Financer la santé, la sécurité, le logement et la transition écologique. Le gain collectif dépasse la perte individuelle. Le confort des plus riches reste largement préservé.
Les ménages français sont inquiets : la confiance chute et le pouvoir d’achat se détériore
En avril 2026, d’après l’Insee, l’indicateur de confiance des ménages tombe à 84, en recul de 5 points, la plus forte baisse depuis mars 2022. La perception de la situation financière passée et future se dégrade. La capacité d’épargne diminue et moins de ménages jugent opportun d’effectuer des achats importants. Les craintes liées au chômage augmentent. La hausse des prix pèse sur le pouvoir d’achat et freine la consommation. Les ménages sont inquiets. La France doit changer de cap :









