Par Gabriel Gaspard
Publié le 30 juin 2026, 08:25
Le débat sur les retraites privées enflamme la présidentielle. Le COR alerte sur un déficit croissant. Les candidats répètent des contrevérités : l’État financerait directement les retraites privées, les retraités seraient la cause de la dette, on pousse à la capitalisation.
Pendant ce temps, des milliards d’aides aux entreprises restent inopérants. Il faut recentrer ces fonds vers l’investissement productif pour relancer la croissance et financer la protection sociale.
Le rapport du COR relance le débat sur la capitalisation et suggère d’explorer davantage l’épargne retraite comme complément. Les projections du COR montrent un creusement du déficit à long terme, avec une détérioration marquée à partir de 2045. La baisse démographique change les termes du débat dès la période pré‑2027 : moins d’actifs pour financer plus de retraités. Des voix proposent de mobiliser l’épargne longue (PER, assurance‑vie) ou de créer un « livret retraite » fléché vers la dépendance et l’équilibre des régimes. D’autres évoquent des leviers classiques : hausse de la CSG, allongement de la durée de cotisation, ou transferts budgétaires. La présidentielle 2027 s’annonce comme l’occasion de trancher ces choix difficiles. Les candidats hésitent à s’en saisir pleinement, par crainte du coût politique. Les retraites : débat utile ou simple écran de fumée pour cacher les vrais soucis des Français ?
François Villeroy de Galhau, dans sa lettre au président du 4 mai 2026, alerte que « nos arbitrages collectifs ont été jusqu’à présent en faveur des seniors » et prévient que des choix gérontocratiques compromettraient l’avenir. Selon plusieurs études, près d’un tiers des pensions est financé par l’État, l’impôt et la dette. Le rendement implicite des cotisations s’effondre, etc. Il faut d’abord vérifier les chiffres et évaluer les impacts macroéconomiques et sociaux. Après cette vérification, cette tribune examinera des solutions alternatives. Elle montrera aussi que, souvent, le débat est politisé et sert de non-sujet face aux urgences des Français.
L’État et les retraites des salariés du secteur privé
Prenons l’exemple de 2025. Le budget de l’État français n’incluait pas de dépenses directes pour soutenir « un régime de retraite privé ». Les crédits budgétaires liés aux retraites concernent essentiellement les régimes publics et spéciaux (fonctionnaires, SNCF, RATP, etc.), via la mission « Régimes sociaux et de retraite » et le compte d’affectation spéciale « Pensions « . Les pensions concernent la fonction publique (État, militaires) pour un total d’environ 60 Md€. Les subventions d’équilibre versées par l’État en 2025 s’élèvent à environ 5,9 Md€, principalement pour couvrir les déficits des régimes spéciaux fermés (SNCF, RATP), mais il n’existe pas de ligne budgétaire dédiée au financement des retraites privées.
Dans le PLF 2025, l’État ne finance pas directement les retraites privées, il supporte un coût d’environ 4 Md€, via les « dépenses fiscales », principalement les avantages liés au Plan d’Épargne Retraite (PER) et à l’assurance‑vie, pour soutenir des placements bancaires et privés. Ces dispositifs figurent dans l’annexe « Voies et moyens – Tome II » du projet de loi de finances.






