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« Comment l’Europe peut désarmer les réseaux sociaux  »

Par Gabriel Gaspard

Publié le 15 juin 2026, 09:50

Les actions de l’Europe contre les réseaux sociaux restent souvent symboliques, faute de moyens réels. Entre sécurité, souveraineté, inquiétudes citoyennes et indifférence la question d’une solution structurelle, claire et exécutable s’impose pour protéger les droits et l’ordre public en Europe.

Guerre des plateformes : « Divest-or-ban » américain et « DSA » européen

La grande majorité des réseaux sociaux majeurs provient des États‑Unis. La Chine est le deuxième pays d’origine le plus représenté. Les 5 plus grands réseaux mondiaux (par audience) sont Facebook, YouTube, WhatsApp, Instagram et soit TikTok soit WeChat selon la métrique utilisée. Les États‑Unis dominent la création des grandes plateformes globales, ce qui explique l’influence culturelle et commerciale américaine sur le social en Europe.

Pour se protéger, les États‑Unis imposent une règle « divest‑or‑ban » : céder le contrôle d’une application liée à un adversaire étranger ou l’interdire sur le territoire. La loi H.R.7521 vise la sécurité des données et la prévention d’ingérences. Elle prévoit 180 jours pour une cession qualifiée, exige la portabilité des données et cible la distribution via les boutiques d’applications. Le dispositif suscite des débats juridiques et diplomatiques. Tandis que l’Europe a voté le Digital Service Act (DSA), qui impose aux plateformes des règles strictes pour limiter les contenus illégaux et les risques systémiques. Il exige transparence des algorithmes, évaluations des risques, mesures de mitigation, traçabilité des vendeurs et procédures de recours pour les utilisateurs. Les très grandes plateformes subissent audits indépendants et obligations renforcées. Des sanctions financières lourdes sont prévues en cas de manquement.

La Chine protège son espace numérique par un triptyque : filtrage technique (Grand pare-feu) bloquant services étrangers, régulation stricte des plateformes (modération, obligations de traçabilité) et contrôles administratifs (identification, surveillance) pour limiter la diffusion de contenus sensibles et l’usage non autorisé de services.

Pour l’Europe, deux réseaux sont devenus toxiques X et TikTok. Il est urgent d’encadrer strictement le fonctionnement et l’accès pour protéger les données, la sécurité et l’espace public :

TikTok en Europe. TikTok est visé pour des pratiques jugées dangereuses pour les citoyens européens. L’UE dénonce le transfert et l’accès potentiels aux données d’utilisateurs hors de l’Union. Elles pointent l’absence de garanties suffisantes pour la souveraineté des données. La plateforme est critiquée pour son manque de transparence publicitaire. Sa bibliothèque d’annonces ne permet pas de savoir qui finance quelles campagnes ni comment les audiences sont ciblées. Les régulateurs estiment que ces manquements entravent la détection d’opérations d’influence et des fraudes. Les algorithmes font l’objet d’accusations « d’effet tunnel » et de conception addictive. Les autorités redoutent une amplification de contenus problématiques et une manipulation des opinions. La protection des mineurs est jugée insuffisante : vérification d’âge lacunaire, paramètres par défaut inadaptés, exposition à des contenus dangereux. Les mécanismes de modération et de recours sont considérés comme incomplets et parfois opaques. En conséquence, la Commission a ouvert des enquêtes formelles sous le DSA et peut infliger des sanctions sévères, y compris des amendes pouvant atteindre 6% du chiffre d’affaires mondial et une supervision renforcée. Les demandes concrètes des autorités sont claires : une bibliothèque publicitaire pleinement fonctionnelle et consultable, des mesures techniques garantissant que les données européennes restent protégées et accessibles aux autorités compétentes, des audits indépendants des systèmes algorithmiques, des garanties renforcées pour la vérification d’âge et des paramètres par défaut protecteurs pour les mineurs. Les régulateurs réclament aussi des procédures de signalement et de retrait plus efficaces, ainsi que des engagements écrits sur la gouvernance des risques systémiques.

X en Europe. Les autorités européennes pointent des lacunes nettes dans le réseau X. Elles dénoncent une modération insuffisante face aux contenus illégaux. Elles évoquent des « dark patterns » ou des interfaces internet manipulatrices ou trompeuses… et un manque de transparence publicitaire. L’Europe dénonce « l’IA Grok« , une redoutable machine à désinformer. Elle s’inquiète des changements d’algorithme et de leur impact sur la visibilité des comptes. Elle réclame l’accès aux données pour les chercheurs et des preuves techniques sur la gestion des risques. La Commission a demandé des documents internes. Elle a ordonné la conservation des traces des modifications d’algorithme. Elle exige des mesures pour garantir la transparence des recommandations et la traçabilité des publicités. En cas de non-conformité, des sanctions lourdes sont possibles, y compris des amendes significatives prévues par le DSA.

En six ans, la Data Protection Commission (l’autorité européenne indépendante chargée de faire respecter le droit fondamental des personnes dans l’UE…) a infligé plus de 4 milliards d’euros d’amendes RGPD ; moins de 1% a été recouvré

Deux solutions sont possibles pour protéger les citoyens européens :

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