Par Gabriel Gaspard
Publié le 21 août 2026, 10:08
Fortunes record, pauvreté record : 9,8 millions de Français sous le seuil de pauvreté tandis que les très hauts revenus explosent, le pouvoir d’achat stagne et la croissance reste atone. Quelles pistes simples et concrètes pour améliorer l’économie et le quotidien des Français dans les années qui viennent ?
Fortunes record, pauvreté record
Pouvoir d’achat en berne, croissance faible. Le calendrier offre un contraste frappant. Challenges publie son classement des 500 plus grandes fortunes ; l’Insee dit que la pauvreté est au plus haut depuis 1996. De nouveaux milliardaires de l’intelligence artificielle émergent. Dans le même temps, 9,8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, soit 15,4% de la population. Eurostat précise que 72,4 millions de personnes dans l’Union européenne sont « à risque de pauvreté », soit 16,3% de la population européenne. Les inégalités progressent, portées par la hausse des très hauts revenus. Les revalorisations ont évité une détérioration, sans réduire l’écart. C’est immédiatement que doit s’engager la réforme des législations européenne et françaises.
Le pouvoir d’achat dépend de l’inflation, des taux d’intérêt, des salaires, des impôts, de l’équilibre offre-demande et de la santé générale de l’économie. Si les prix grimpent plus vite que les revenus, il baisse. Des taux élevés favorisent l’épargne mais renchérissent les crédits. Des impôts plus lourds réduisent le net. Des pénuries font monter les prix. Une économie forte crée emplois et salaires, une économie faible les détruit.
La crise financière de 2008-2009 a provoqué une forte contraction. La reprise au début des années 2010 a été lente. La décennie 2010 a été marquée par une croissance structurellement faible et des fluctuations liées à la demande intérieure et aux exportations. En 2019 la croissance restait modeste. Puis 2020 a été une année de récession liée à la pandémie. Ensuite 2021-2022 ont vu une reprise partielle. Depuis 2023–2024 la dynamique s’est ralentie. En 2025 la croissance n’était que de 0,8%.
Une croissance faible pèse sur l’emploi, le pouvoir d’achat et la soutenabilité des finances publiques. La reprise postpandémie n’a pas effacé les fragilités structurelles. Les défis sont clairs : relancer l’investissement productif, améliorer la compétitivité et redynamiser l’investissement. Il faut aussi repenser la répartition des richesses, la politique de l’offre et stabiliser l’environnement macroéconomique
Les chocs majeurs qui ont bouleversé le paysage économique européen
Des deux côtés de l’Atlantique, quatre symptômes convergent : désindustrialisation ; déclassement ; rejet des élites ; mondialisation. En Europe, les chocs sont amplifiés par des spécificités. Une Union critiquée pour sa lenteur et son poids qui peinent à impulser la croissance : un euro contraignant, des réformes dictées par le traité de Lisbonne. Adopté en 2007 après le rejet du traité constitutionnel de 2005, il visait à flexibiliser le travail, libéraliser les marchés et alléger la dépense publique. Résultat : une économie sociale de marché figée et inadaptée aux crises. Plutôt que de repenser le capitalisme européen, l’UE a renforcé un modèle néolibéral en crise.









