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« Scinder pour sécuriser ? Le dilemme européen face à TikTok et X »

Par Gabriel Gaspard

Publié le 19 janvier 2026, 09:00

Les actions de l’Europe contre TikTok et X restent souvent symboliques, faute de moyens réels. Entre sécurité, souveraineté, inquiétudes citoyennes et indifférence la question d’une solution structurelle, claire et exécutable, s’impose pour protéger les droits et l’ordre public.

TikTok aux États-Unis.

L’opération visant à séparer les activités américaines de TikTok dans une nouvelle entité contrôlée majoritairement par des investisseurs américains est en cours. Sa clôture est prévue le 22 janvier 2026. La société chinoise a évité une interdiction aux États‑Unis en acceptant de former une nouvelle filiale américaine. Le groupe a signé des accords contraignants avec un consortium mené par Oracle, Silver Lake et MGX. La nouvelle structure prévoit une gouvernance à majorité américaine et un conseil de sept membres dominés par des administrateurs américains. Les accords imposent que les données des utilisateurs américains soient stockées localement et gérées par Oracle, et que l’algorithme de recommandation soit réentraîné sur des données US pour réduire tout risque d’ingérence étrangère. Ces mesures répondent à la loi américaine dite « divest‑or‑ban« , entrée en vigueur en janvier 2025. Elle interdit la distribution d’applications détenues à plus de 20% par un « adversaire étranger » sans cession ou garanties suffisantes. La transaction est présentée comme une solution pour maintenir l’accès des utilisateurs et des annonceurs américains tout en satisfaisant les exigences de sécurité nationale. Les détails financiers complets et certaines modalités opérationnelles restent partiellement confidentiels dans les communiqués publics et les notes internes consultées par la presse.

TikTok en Europe. TikTok est visé pour des pratiques jugées dangereuses pour les citoyens européens. L’UE dénonce le transfert et l’accès potentiels aux données d’utilisateurs hors de l’Union. Elles pointent l’absence de garanties suffisantes pour la souveraineté des données. La plateforme est critiquée pour son manque de transparence publicitaire. Sa bibliothèque d’annonces ne permet pas de savoir qui finance quelles campagnes ni comment les audiences sont ciblées. Les régulateurs estiment que ces manquements entravent la détection d’opérations d’influence et des fraudes. Les algorithmes font l’objet d’accusations « d’effet tunnel » et de conception addictive. Les autorités redoutent une amplification de contenus problématiques et une manipulation des opinions. La protection des mineurs est jugée insuffisante : vérification d’âge lacunaire, paramètres par défaut inadaptés, exposition à des contenus dangereux. Les mécanismes de modération et de recours sont considérés comme incomplets et parfois opaques. En conséquence, la Commission a ouvert des enquêtes formelles sous le DSA et peut infliger des sanctions sévères, y compris des amendes pouvant atteindre 6% du chiffre d’affaires mondial et une supervision renforcée. Les demandes concrètes des autorités sont claires : une bibliothèque publicitaire pleinement fonctionnelle et consultable, des mesures techniques garantissant que les données européennes restent protégées et accessibles aux autorités compétentes, des audits indépendants des systèmes algorithmiques, des garanties renforcées pour la vérification d’âge et des paramètres par défaut protecteurs pour les mineurs. Les régulateurs réclament aussi des procédures de signalement et de retrait plus efficaces, ainsi que des engagements écrits sur la gouvernance des risques systémiques. TikTok conteste certaines interprétations mais doit désormais répondre aux constats préliminaires et proposer des remèdes concrets pour éviter des sanctions et une supervision prolongée.

X en Europe.

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