Par Gabriel Gaspard
Publié le 15 janvier 2024, 10:56
OPINION. En 2020, la surprise fut une pandémie mondiale. En 2022, c’était l’invasion de l’Ukraine par la Russie. En 2023, c’est la guerre Israël-Hamas. Pour 2024, les inconnues seront le marché du travail, le marché boursier, l’inflation, le taux directeur, l’élection européenne, la volatilité du marché financier, la consommation des ménages, etc. Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière.
- La France et le marché du travail
C’est un des principaux risques pour le marché boursier en 2024. Le taux de chômage augmenterait à 7,5% en 2024 pour atteindre 7,8% en 2025, avant de revenir à 7,5% fin 2026. Les tendances du chômage sont fortement corrélées à la confiance des entreprises envers l’économie nationale. Un taux de chômage élevé signifie qu’une partie importante de la population vit sans revenu stable. Une forte hausse du chômage nuirait gravement aux consommateurs et mettrait en danger la capacité du marché à atteindre les prévisions prévues.
- Le développement du marché boursier
Le CAC40 a progressé de 16,5% en 2023, c’est sa troisième meilleure performance depuis 10 ans. C’est grâce aux valeurs technologiques et au secteur du luxe. À part ceux qui ont tiré le ‘ticket gagnant’ beaucoup de sociétés cotées avaient des performances négatives. À la fin de l’année 2023, les actions françaises à petite et moyenne capitalisation étaient presque toutes en baisse. L’indice CAC Mid & Small (indice boursier français composé de capitalisations boursières de l’univers des PME) ne progresse que de 1,6%. Un marché haussier soutenu par une poignée de gagnants peut-il durer longtemps ?
Pour lutter contre l’inflation, la Banque centrale européenne BCE fait une pause sur son augmentation des taux directeurs. Elle devrait maintenir ces taux à des niveaux élevés pendant plusieurs mois avant de lâcher du lest. Le ralentissement économique inquiète les grandes entreprises. Au troisième trimestre 2023, le secteur du luxe réalise des hausses de chiffres d’affaires moins importantes que prévues. Y aura-t-il un décrochage en bourse ?
Le marché immobilier est un point qu’il faut surveiller de près. L’indice des prix à la consommation IPC prend en compte l’évolution des loyers, mais pas l’évolution des prix à l’achat. Louer un logement en 2024 risque d’être plus difficile qu’auparavant. La cause réside en une véritable explosion des tensions sur le marché locatif, provoquée par un effondrement de l’offre. Avec des taux directeurs haut inchangés, les banques ne sont pas tentées à diminuer leurs taux d’intérêt pour les prêts immobiliers. Un crédit immobilier plus cher, ce sont des projets immobiliers plus complexes. Avec une baisse de prix qui s’accélère sur l’immobilier, pour les grands investisseurs faut-il investir dans la bourse ou dans l’immobilier locatif avec en 2024 ? Les investisseurs achètent généralement des actifs qui produisent de la valeur au fil du temps. Pour eux l’actif devrait augmenter le prix et le bien peut être vendu pour plus que ce pourquoi il a été acheté. Les rendements au niveau de ces deux investissements sont comparables, mais avec l’effet levier l’immobilier permet de s’enrichir plus rapidement avec moins de risques.
En 2024, en zone euro, la BCE table sur une hausse des prix de 2,7%, encore loin de sa cible de 2%, avec une croissance de 0,8%. Il n’y aura pas de progrès significatif dans la lutte contre l’inflation. Avec une demande qui ne sera pas robuste et un marché du travail qui reste fragile, la BCE va adopter une position qui « va en guerre », ce qui pourrait conduire à une augmentation de la volatilité des marchés. Les investisseurs cherchent toujours à anticiper la performance future des titres placés en bourse. Un changement de taux d’intérêt implique des changements potentiellement majeurs au sein de l’économie et donc au sein de la bourse également.
- Les élections européennes









