
Par Gabriel Gaspard
Publié le 2 novembre 2022 à 8:13
CHRONIQUE. Une « catastrophe mondiale » pourrait être évitée si la France et les pays riches arrêtent de faire de l’austérité climatique. Pour relancer l’économie et être en ligne avec l’accord de Paris, la France doit augmenter les investissements citoyens régis par l’État. Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière.
La 27e conférence des parties (COP 27) à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se tiendra du 6 au 18 novembre 2022 à Charm el-Cheikh, en Égypte. La majorité des 196 pays traversent des crises multiples : énergétique, alimentaire, économique, sanitaire, endettement, etc. La France a un rôle important à jouer, mais elle détourne son regard.
Le monde file vers « une catastrophe mondiale », alerte l’ONU. La France investit aujourd’hui l’équivalent de 2% de son PIB par an pour la décarbonisation, il faudrait au moins le double de la mise d’ici 2030, d’après Challenges. Face aux grands bonds en arrière de l’économie française, la France doit investir 100 milliards par an pour contribuer à sauver la planète. Le Medef chiffre de 60 à 80 milliards d’euros les investissements supplémentaires nécessaires par an pour décarboner la France d’ici à 2030. La société civile pousse les États à faire plus, plus vite et mieux.
Comment se porte l’économie mondiale ? Selon le dernier rapport sur le commerce et le développement en 2022, publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced ou Unctad en anglais), la croissance économique mondiale ralentira à 2,5% en 2022 et tombera à 2,2% en 2023. Ce ralentissement va coûter au monde plus de 17 000 milliards de dollars (20% du revenu mondial). Pour l’Europe, la croissance fléchit sur l’ensemble du continent (2,7%) tandis que l’inflation montre peu de signes de faiblissement (9,9%). Pour l’Observatoire français des conjonctures économiques OFCE, le pouvoir d’achat des ménages devrait reculer en 2022 et en 2023 de 1,4% (en unité de consommation) pour retrouver son niveau de 2019. Depuis la pandémie, 3% de la richesse nationale environ ont été consacrés à amortir les chocs extérieurs sur l’économie. En empruntant massivement sur les marchés financiers, l’État est au bout de ses possibilités. Pour lutter contre l’inflation, la Banque centrale européenne augmente fortement les taux d’intérêt et menace la croissance (le taux de la facilité de prêt marginal est passé à 2,25 %). Cette approche nécessaire rend la vie plus dure aux entreprises, aux ménages et au budget d’un État fortement endetté. La France va se retrouver avec une récession lente et durable. Avec une croissance plus faible, une inflation forte et plus de dépenses, jusqu’à quel point l’État peut-il vivre à crédit avec des taux d’intérêt qui augmentent dans un contexte de durcissement monétaire ? Le laxisme en matière de finances publiques, dont les gouvernements ont fait preuve ces dernières décennies, et le recours à un endettement extérieur via les banques commerciales mettent la France face à « un mur de la dette » difficilement surmontable.










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