
Par Gabriel Gaspard
Publié le 13 octobre 2022 à 7:29
CHRONIQUE. En juillet 2008, la Banque centrale européenne a relevé son principal taux directeur d’un quart de point à 4,25. À cette époque, la BCE a-t-elle agi rapidement face à la hausse des prix ? Avec la reprise post-Covid et la guerre en Ukraine, la BCE a choisi de maintenir ses taux d’intérêt à zéro jusqu’à fin juillet 2022. Cette réaction a-t-elle été trop tardive ? La BCE a-t-elle fait de mauvaises analyses ? Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière.
Inflation : comprendre la mission de l’Eurosystème. Dans la zone euro, les taux d’intérêt influent sur la situation économique et la stabilité des prix. C’est l’Eurosystème qui est chargé de définir et de mettre en œuvre la politique monétaire unique de tous les pays ayant adopté l’euro. L’Eurosystème regroupe la Banque centrale européenne BCE et 19 Banques centrales nationales de l’Union européenne qui utilisent l’euro. Toutes ces banques assurent plusieurs missions visant en priorité à maintenir la stabilité des prix, c.-à-d. maintenir l’inflation proche, mais inférieure de 2% sur un an. Mais depuis 2008, cette mission n’est en réalité plus respectée. La politique monétaire contrairement au traité de Maastricht a été d’empêcher ses membres les plus faibles de quitter l’union monétaire ou d’éviter la fragmentation financière de la zone euro.
Inflation et le choc de la crise de 2008
En juillet 2008, la Banque centrale européenne a relevé son principal taux directeur d’un quart de point à 4,25%. Cette décision était attendue alors que l’inflation a atteint 4% en juin 2008 dans la zone euro. À la veille de la plus grande crise financière, cette résolution était prévisible, mais inopportune. À cette époque la BCE s’est inquiétée très vite de la hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires. Augmenter les taux était un moyen d’atténuer l’inflation. La crise était à son début et la croissance commençait à ralentir. La hausse des taux inquiète les États membres, car elle intervient à un moment de ralentissement de l’économie mondiale avec un euro fort. « Nous pensons que ce que nous avons fait aujourd’hui permettra d’assurer la stabilité des prix à moyen terme« , a précisé M. Trichet président de la BCE à cette époque. Avec 1 euro = 1,5775 dollar au 1er juillet 2008, une inflation de 4% et un taux directeur de 4%, fallait-il augmenter encore ce taux ? La BCE a été contrainte par la suite de réduire considérable le taux d’intérêt, dans le but d’éviter un désastre économique.
En 2008, le choc financier ébranla la zone euro et accula la BCE à se substituer au système bancaire pour le financement des déficits courants et des mouvements de capitaux. Cette intervention massive a réussi, mais au prix d’un creusement des déficits publics de la plupart des pays. Et ce sont naturellement les pays les plus endettés qui ont dû supporter une défragmentation. La Banque centrale européenne abaisse ses taux jusqu’à zéro, injecte des liquidités et achète de la dette publique et privée. La BCE injecte 4 000 milliards d’euros de 2011 à 2017.










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