
Par Gabriel Gaspard
Publié le 29 août 2022 à 14:00
Dans une tribune, Gabriel Gaspard, chef d’entreprise à la retraite et docteur en informatique des organisations, explique que, selon lui, 2 % de la richesse des milliardaires suffirait à éliminer la faim.
L’aggravation de la faim dans le monde résulte de conflits régionaux ou internationaux et des échecs structurels des systèmes agricoles, de santé, etc. Il ne s’agit pas d’expliquer comment résoudre la faim dans le monde avec des milliards, mais d’ouvrir la voie vers une solution anticonformiste, écologique, résiliente et durable avec la participation des milliardaires.
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Les milliardaires ont la plus grande part dans la croissance. Au niveau mondial, les milliardaires ont capté une part très importante de la croissance au cours des dernières décennies : le 1 % le plus riche a accaparé 38 % de toutes les richesses supplémentaires accumulées depuis 1995. Pour la même période, les 50 % les plus pauvres n’en ont capté que 2 %. Il serait souhaitable de rééquilibrer par la redistribution cette inégalité qui provient en grande majorité de la répartition de cette richesse. Selon OXFAM, la fortune des milliardaires a davantage augmenté en 19 mois de pandémie qu’au cours de la dernière décennie, pendant que les personnes les plus pauvres du monde sont aux prises avec la flambée des prix et l’augmentation de la dette. Pour la France, les inégalités de richesse ont été fortement réduites à partir de la Seconde Guerre mondiale. Mais depuis la crise de 2008, le niveau de vie médian après la redistribution stagne. Pour finir, les inégalités se retrouvent aujourd’hui au niveau de 1990.
L’échec du plan de l’ONU de 2015
Selon l’ONU en 2015, on pouvait éradiquer la faim dans le monde d’ici 2030. Mais uniquement au prix d’un investissement de 267 milliards de dollars par an pendant les 15 prochaines années. C’est un objectif qui semble de moins en moins atteignable. « Le monde s’éloigne de son objectif d’éliminer la faim, l’insécurité alimentaire et la malnutrition sous toutes ses formes d’ici 2030 », prévient la FAO, en référence à l’objectif de développement durable de l’ONU « Faim Zéro ». Comme en 2015, quelque 670 millions d’humains devraient toujours en souffrir d’ici la fin de la décennie. La guerre en Ukraine n’a rien amélioré à la situation de la famine dans le monde. « Si nous avions réussi à faire ce travail dans le passé, la guerre n’aurait pas eu un impact aussi catastrophique aujourd’hui », a regretté lors de son intervention le directeur du Programme alimentaire mondial.
« L’ensemble des milliardaires dispose désormais d’une richesse suffisante pour le faire. »










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