Par Gabriel Gaspard
Publié le 20 février 2023, 10:25
CHRONIQUE. « Rétablissement des finances publiques » grâce notamment à « la réforme de l’assurance chômage » et à « la réforme des retraites », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances. Dans cette tribune, une répartition des dépenses budgétaires tente de montrer à quoi servent réellement 1.000 euros de dépenses de l’État. Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière.
Le 26 septembre 2022, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique a ajouté :
« C’est par ailleurs un budget qui tient la ligne économique qui a toujours été la nôtre depuis 2017 avec beaucoup de constance… Nous poursuivrons donc la réforme de l’assurance chômage et nous engagerons une réforme des retraites ».
« Si vous avez compris quelque chose au budget, c’est qu’on vous l’a mal expliqué ». Quelle est la part du budget de l’État consacrée au chômage, aux retraites, à la santé, etc. ?
Budget de l’État et « l’argent public »
Pour voter le budget 2023, il a fallu 82 jours et dix 49.3. Le budget de l’État correspond à l’ensemble de ses ressources et de ses dépenses. L’essentiel des ressources provient des impôts et des taxes payées par les citoyens et les entreprises. Il faut distinguer le budget/dépenses de l’État et « l’argent public » (prélèvements obligatoires). Ce dernier est composé de l’ensemble des impôts et cotisations prélevés au bénéfice des administrations publiques.
Pour Larousse, une cotisation est « une contribution des salariés et/ou de leurs employeurs, versée aux différents organismes qui assurent la protection sociale (la Sécurité sociale, l’assurance chômage, etc.) ».
Quel est le poids des syndicats ?
Pour les cotisations sociales, le rôle des partenaires sociaux est très important. Ils représentent les intérêts et les problèmes du monde du travail. C’est un rôle économique et de gouvernance.
Pour le chômage, « ils négocient les règles d’indemnisation, les taux de cotisation et les aides pour encourager le retour à l’emploi » dans le cadre de l’Unedic. Ils déterminent et approuvent pour la Sécurité sociale, sur proposition du directeur, les orientations et le budget de gestion, etc. Ils sont chargés, par délégation du service public, de la gestion des retraites, de certains organismes publics tels que les régimes complémentaires. Ils peuvent cogérer la Sécurité sociale sous le contrôle de l’État.
En 1996, après une réforme de la constitution, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) donne le pouvoir au gouvernement avec un droit de regard au parlement sur l’équilibre financier. C’est la reprise en main par l’État de la gouvernance de la sécurité sociale et de remise en cause du rôle des partenaires sociaux.









